Quand il y va du “chantage” pour obtenir les voix manquantes…

By cokxinel

(Extrait de l’Humanité du 18 juillet 2008 )

L’avenir incertain de la révision constitutionnelle.

La tâche est loin d’être facile pour le président de la République. Celui-ci détient certes la majorité des sièges dans les deux assemblées mais pour pouvoir modifié la Constitution, il doit rassembler trois-cinquièmes des voix des sénateurs et députés réunis en Congrès. Et pour cela, il a grandement besoin des voix de l’opposition… et de sa majorité.

Car certains parlementaires UMP (des gaullistes qui trouvent que l’on touche à l’esprit du texte de 1958 notamment) ont montré leur intention de ne pas apporter leur voix à cette révision.

De même que les élus socialistes qui, bien que divisés, ont déclaré qu’ils ne voterait pas le texte. Les élus communistes, pour leur part, ont clairement montré leur opposition au texte du fait du renforcement des pouvoirs du président de la République.

“Pour les uns je ne vais pas assez loin, pour les autres je vais trop loin”. C’est ainsi que Nicolas Sarkozy explique les réticences des élus tout en déclarant voir au-delà de “l’esprit de clan”, “la majorité d’aujourd’hui étant l’opposition de demain”.

Mais en additionnant les refus, Nicolas Sarkozy sait que le compte n’y est pas pour faire adopter la révision constitutionnelle.

C’est pourquoi plusieurs ficelles sont utilisées pour faire de ce vote une réussite plutôt qu’un cuisant échec.

D’abord faire pression sur les parlementaires de la majorité avec des arguments simples : vous avez été élu grâce à l’UMP, si vous voulez continuez à avoir son soutien pour les prochaines élections, votez la révision.

Ensuite sur les élus d’opposition par des cadeaux, mis en œuvre dans le cas où la révision serait adoptée.

Cadeaux de la part de Bernard Accoyer dans un premier temps. Celui-ci a proposé de faire bénéficier aux groupes d’opposition et aux groupes minoritaires de “droits spécifiques” (l’Humanité du 11/07/08 ) : “un temps de parole plus important”, “des moyens proportionnellement plus importants” ou encore la présidence d’une commission permanente et d’une mission d’information. Plusieurs avancées qui ne font pas parties de la révision constitutionnelle mais qui serait mises en place le cas échéant.

Les autres cadeaux sont venus de Nicolas Sarkozy lui-même. Dans un entretien au Monde daté du 17 juillet il propose toute une série de mesures visant à améliorer les droits de l’opposition parlementaire.

Réponse de l’opposition chaque fois que le président intervient sur un sujet de “politique française”, garantie du droit d’amendement, création de commissions d’enquête sur demande de l’opposition, égalité du temps de parole entre opposition et majorité au Parlement, pas de réforme du mode de scrutin régional sans consensus avec l’opposition, rééquilibre du collège électoral des sénateurs et sénatrices, participation de l’opposition au redécoupage électoral et abaissement du seuil pour constituer un groupe à l’Assemblée.

Autant de cadeaux fait aux groupes d’opposition (socialistes et communistes) mais également aux petits partis comme le parti radical de gauche avec l’abaissement du seuil à 15 députés pour pouvoir obtenir un groupe à l’Assemblée nationale. Ce qui est important quand on sait que le vote final va être serré.

Le président utilise également d’autres subterfuges pour faire passer la révision constitutionnelle au second plan pour mobiliser l’opposition sur d’autres terrains. Sa sortie récente sur les grèves (“aujourd’hui quand il y a une grève en France, personne ne s’en aperçoit“) fait parti de ces manœuvres.

Mais au-delà de ces coups en dessous de la ceinture, la question de fond c’est : dans quelle République voulons-nous vivre ? Car la révision constitutionnelle est essentielle pour défendre le pluralisme et la démocratie. C’est le point qui risque de faire du projet de Nicolas Sarkozy, un projet avorté.

Thibaud de Fleury pour humanite.fr

Une réponse vers «Quand il y va du “chantage” pour obtenir les voix manquantes…»

  1. SAUVRENEAU Daniel dit :

    Sarko est un menteur, et il faudrai être bien naïf pour croire à toutes ses conneries. Je veux croire que les socialistes ne se laisseront pas avoir à part quelques uns genre J. lang ou ce vieux con de Roccard. De toutes façons il faudra que le PS change de nom. Car dans parti socialiste il ya social ce qui n’éxiste plus guère dans ce parti. J’en suis archi déçu!!!!!

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