Article extrait de 20minutes.fr 23 octobre 2008

Roselyne Bachelot veut «garantir pour l’avenir l’accès à des soins de qualité sur tout le territoire». Et le plus tôt sera le mieux. Au sortir de la présentation de son projet de loi «Hôpital, patients, santé et territoires», la ministre de la Santé a annoncé une procédure d’urgence, afin qu’il soit examiné «début janvier» par le Parlement. Les différents volets du projet suscitent des réactions contrastées chez les professionnels de santé et les usagers de soins.
Des inquiétudes sur l’avenir du système de santé
Le syndicat Sud-Santé n’hésite pas à demander le retrait de la loi, arguant qu’il s’agit d’«un grand pas supplémentaire» vers la «marchandisation» de la santé. L’organisation dénonce le «démantèlement du service public de santé» par les regroupements ou la «privatisation» des établissements de soins.
Pour la Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux, la réforme «aggrave la fracture sanitaire» en privant une partie de la population d’une offre de soins de proximité. Son président, Michel Antony, se dit prêt à généraliser le «combat juridique» déjà entamé pour lutter contre les fermetures d’établissements.
Plus pondérée, la Confédération des syndicats médicaux français «salue la réforme attendue de l’hôpital qui va enfin pouvoir être réorganisé et modernisé». Elle n’en dénonce pas moins «l’étatisation» du système de santé qu’elle décrit comme «la chronique d’une catastrophe annoncée». Dans un communiqué, l’organisation s’inquiète notamment de la toute-puisssance des Agences régionales de santé.
Chacun prêche pour sa paroisse
Ce n’est pas «la grande loi de santé publique annoncée», déclare de son côté la Fédération nationale des accidentés du travail et handicapés (Fnath). L’association regrette que le texte fasse «l’impasse sur les patients et la santé au travail», tout en saluant la réforme de l’hôpital. La Fnath propose cependant «des amendements visant à assurer la présence des représentants des usagers du système de santé dans les conseils de surveillance des hôpitaux.»
Autre association d’usagers de soins, autre discours. Le Collectif interassociatif sur la santé (Ciss) se réjouit qu’on en finisse «avec ces petits établissements dangereux en termes de qualité de soin.» Son président, Christian Saout, estime que «cette organisation nouvelle ne pourra être que bénéfique pour l’intérêt général.» A noter que celui-ci était présent au côté de la ministre pour la présentation du projet à la presse.
Roselyne Bachelot, elle, reste confiante. «Tout dépend évidemment de la discussion parlementaire, mais je pense que le texte devrait être adopté en janvier», a estimé la ministre ce mercredi.